par Joanna Plucinska et Michel Rose
VARSOVIE/PARIS, 30 janvier (Reuters) - Emmanuel Macron
compte nouer des relations plus apaisées avec Varsovie, en
mettant de côté les divergences politiques, à l'occasion de sa
visite des 3 et 4 février en Pologne, axée sur la coopération
dans les domaines militaire et nucléaire.
Les liens entre la Pologne et la France se sont fortement
distendus depuis l'arrivée au pouvoir à Varsovie du parti
nationaliste conservateur Droit et Justice (PiS) en 2015, puis
l'annulation l'année suivante d'un contrat de 3,4 milliards
d'euros avec Airbus AIR.PA pour la fourniture d'hélicoptères.
En 2017, Emmanuel Macron, alors fraîchement élu à la
présidence française, avait boudé Varsovie lors d'une tournée en
Europe centrale en estimant que les Polonais méritaient de
meilleurs dirigeants. La Pologne l'avait qualifié en retour de
président "arrogant" et "inexpérimenté".
Mais le chef de l'Etat français veut aujourd'hui concentrer
ses efforts sur ce qu'il considère comme des projets
d'investissement bénéfiques pour les deux pays.
"Un pays aussi central ne peut pas être de fait perçu comme
un pays sur la défensive. Au contraire", explique-t-on de source
diplomatique française.
Lors de ses entretiens lundi avec le Premier ministre
Mateusz Morawiecki et le président Andrzej Duda, Emmanuel Macron
devrait notamment discuter du rôle de l'énergie nucléaire pour
tenir les objectifs de l'Union européenne en matière de
réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Selon un diplomate français, il s'emploiera également à
plaider pour un rééquilibrage de la politique d'achats du
gouvernement polonais, tournée vers les Etats-Unis, en proposant
une coopération industrielle renforcée dans des secteurs comme
le nucléaire mais aussi les télécoms.
La France s'efforce depuis longtemps de convaincre Varsovie
d'opter pour son savoir-faire nucléaire. Le sujet a encore été
abordé par Emmanuel Macron avec Andrzej Duda en marge du sommet
de l'Otan à Londres en décembre dernier, selon deux sources
polonaises au fait des discussions.
A Varsovie, la construction de plusieurs centrales
nucléaires en Pologne dans les années à venir fait consensus au
sein du gouvernement mais on regarde plutôt du côté des
technologies développées par les Etats-Unis ou la Corée du Sud.
Deux responsables polonais interrogés par Reuters expriment
ainsi des doutes sur les propositions françaises en matière de
défense ou de nucléaire.
"Il y a une série de signaux qui posent problème", dit l'un
d'eux, citant notamment le cas de l'EPR de Flamanville, dont la
construction a pris des années de retard et engendré des
surcoûts de plusieurs milliards d'euros.
De source diplomatique française, on reconnaît que les
discussions sur le nucléaire n'en sont qu'à un stade
préliminaire. "Ce ne sera pas mûr là, mais ce sera un des points
de discussion", précise-t-on.
(Version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel
Bélot)
Macron espère nouer des relations plus apaisées avec la Pologne
information fournie par Reuters 30/01/2020 à 17:24
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